Les leçons du Faso et la lutte pour la démocratie au Togo. (Première partie)

Les pays africains connaissent près que le même problème (système néocolonial, le poids de la francafrique, autocratie, dictature, oligarchie, sous développement, etc.)Les méthodes de lutte tardent à porter leurs fruits mais les burkinabé ont dit NON.



Il est indéniable que la lutte inflexible déclenchée par les peuples du Burkina Faso a fait trembler le système néocolonial et a fini par chasser le satrape Compaoré du pouvoir.
Pour autant, la tournure des événements a amplement montré que pendant les affrontements entre l'infâme pouvoir et le peuple insurgé, les démocrates révolutionnaires n'avaient pas pu prendre toute la direction du mouvement et par voie de conséquence prendre le pouvoir pour imposer les aspirations des peuples Burkinabè.

Cette faiblesse momentanée fait que les racines du pouvoir déchu demeurent incontestablement au Burkina Faso.
C'est ainsi que cette racine asséchée, pourrie représentée par le couple Zida-Kafando, avec, le soutien des régimes fantoches de la sous-région et l'impérialisme français manœuvre, actuellement, pour former un gouvernement de transition dit inclusif où les anciens barons et autres Compaoré girls seront bien représentés dans le but d'éteindre, une fois pour de bon, la flamme du mouvement insurrectionnel des 30 et 31 octobre dernier. Ce n'est que partie remise et les organisations démocratiques Burkinabé y travaillent déjà d'arrache-pied !

Malgré ces perfides manœuvres de l'impérialisme français et ses hommes liges au Burkina, ces événements viennent de mettre en lumière, la glorieuse journée du 5 octobre 1990 au Togo. Ce mouvement insurrectionnel inédit, présent dans les esprits reste toujours d'actualité. Une fois de plus, le mouvement démocratique Burkinabé a apporté du nouveau dans l'histoire de la lutte des peuples opprimés. La richesse d’une telle expérience doit devenir un cas d'école pour les démocrates, les patriotes au Togo et en Afrique. Les démocrates doivent en tirer les enseignements nécessaires pour que, dans un avenir proche, le peuple togolais aussi puisse aller jusqu'au bout de ses revendications en balayant la dictature du clan Gnassingbé et à dessoucher le système néocolonial au Togo.

Pendant ce temps au pays, ce 21 novembre 2014, Jean-Pierre Fabre et son fameux CAP 2015, voulant singer le mouvement burkinabè en ont organisé une grande mobilisation non pas pour exiger le départ immédiat de l'apprenti dictateur Faure Gnassingbé mais plutôt pour quémander des réformes constitutionnelles (entre autre, la limitation du mandat présidentiel) à une dictature sanguinaire vieille de 50 ans.
A travers cette manifestation, il nous apparait clairement que l'objectif premier de Fabre n'est nullement la fin de la dictature : Fabre se positionne comme interlocuteur du pouvoir et de l'impérialisme français. Parallèlement à la manifestation, on a vu le parti au pouvoir UNIR/RPT qui, jouant "le jeu démocratique" expression chère à un certain Gnininvi, a fait mobiliser ses militants et milices stipendiés (pancartes et calicots en main, cette fois-ci, à la place des gourdins et couteaux) pour montrer à l'opinion nationale et internationale que nous sommes bel et bien au Togo de Eyadema et non au Burkina Faso de Compaoré.

On voit par-là que le pouvoir UNIR/RPT sait mobiliser autant que ses rivaux de l'opposition dite démocratique. N'est-ce pas déchirant toute cette farce ?
Une véritable tragi-comédie entre l'apprenti dictateur Faure et ses rivaux du CAP 2015!

Nous savons bien que c'est depuis mars 1991, avec la création du FAR dirigé par Agboyibo , et par la suite, le FOD, COD, le FRAC, que l'opposition dite démocratique n’a cessé de proposer la politique des réformes, du « grand pardon », des négociations, des élections et autres conciliations au sommet afin de mettre fin à ce pouvoir infâme et hideux. Or, l’expérience a confirmé que cette politique des réformes, de conciliation au sommet n'a été pour le clan Gnassingbé qu'une véritable aubaine pour prolonger la vie de la dictature. Et c'est l'une des leçons qu'on peut tirer depuis février 2005 à ce jour, pour ne pas remonter plus loin.

Dans ces conditions, il est illusoire de fonder des espoirs sur un changement démocratique par les réformes constitutionnelles et un quelconque processus électoral où la cour constitutionnelle et une CENI aux ordres des forbans du pouvoir ne cessent depuis juin 1998 de manipuler les résultats en faveur de la dictature.

Il est aussi illusoire de faire croire aux masses togolaises que le rétablissement de la constitution de septembre 1992 est une solution qui permettrait une « transition pacifique au Togo ».
Pour les démocrates, une telle allégation sert à détourner le peuple des vrais enjeux de la lutte !

Par ailleurs, nous observons que la constitution de septembre 1992 avait été rédigée par « d'éminents juristes». Mais son contenu est taillé sur mesure pour protéger le pouvoir néocolonial et tous les accords qui assujettissent notre pays : pillage de nos ressources naturelles, protection des monopoles étrangers qui sucent le sang des travailleurs de chez nous.
 C'est pourquoi, au Togo, la lutte pour la fin de la dictature doit aller de pair avec la dissolution de ladite constitution et de tous les leviers du pouvoir dictatorial. Sans aucun doute, tout ce tintamarre autour des réformes constitutionnelles (limitation des mandats) et des prochaines élections présidentielles accoucheront d'une souris et ne seront, une fois de plus, qu'une querelle entre différents clans rivaux pro impérialistes : c'est à dire ceux qui occupent le pouvoir UNIR/RPT-UFC et les autres qui veulent y accéder ANC/CAP et le CAR etc.

Somme toute, la manifestation du 21 novembre n'a été qu'un moyen de plus que pour faire pression sur l'apprenti dictateur Faure afin de dialoguer, et négocier avec lui des modalités du partage du pouvoir avant et après les élections frauduleuses présidentielles de 2015.

Hostiles à l'esprit du 5 octobre, CAP 2015 et son leader Jean-Pierre Fabre constituent autant d'entraves à l'organisation conséquente de la lutte du peuple, porteuse d'un message authentique de changement démocratique. C'est pourquoi, CAP 2015 et ses avatars doivent être combattus et balayés comme le parti au pouvoir, UNIR/RPT afin que la lutte pour la liberté, la démocratie et le pain puisse triompher sur la terre de nos aïeux.
 
Bruxelles, le 21 novembre 2014

Togo En Lutte



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